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Une étude montre que les applications de cyclisme deviennent des outils de bien-être, et pas seulement des trackers de compétition

Une étude montre que les applications de cyclisme deviennent des outils de bien-être, et pas seulement des trackers de compétition

Les applications sportives sont-elles uniquement destinées à la compétition et aux records personnels ? Des recherches menées par des scientifiques de l’université SWPS montrent que les amateurs de cyclisme en Europe de l’Est considèrent de plus en plus les outils numériques comme un chemin vers le bien-être et le confort, et pas nécessairement comme une piste de course virtuelle.

Les passionnés de cyclisme adoptent avec enthousiasme les outils numériques qui leur permettent non seulement de suivre leurs réalisations, mais offrent également un espace pour trouver l’inspiration et bâtir une communauté.

Des chercheurs de l’Université SWPS ont décidé d’analyser la manière dont les cyclistes utilisent les applications sportives et les plateformes numériques, ainsi que les récits qu’ils créent autour de ces outils. Ils se sont concentrés sur deux applications : Zwift et Strava. La première peut être décrite comme une application de cyclisme interactive, qui permet aux utilisateurs de parcourir des itinéraires virtuels dans leur salon tout en faisant du vélo sur un home trainer. Cette dernière est l’une des applications de suivi d’activité les plus populaires.

Les deux applications permettent aux utilisateurs d’intégrer des capteurs et des appareils de surveillance de la santé. Ils peuvent également être utilisés pour partager des réalisations avec un groupe spécifique de personnes sur les réseaux sociaux. L’outil clé pour faire fonctionner les deux plateformes et transférer des données entre elles est le smartphone.

Le groupe d’étude a été sélectionné principalement sur la base de son engagement dans les médias sociaux cyclistes locaux liés à deux chaînes YouTube consacrées au style de vie et au cyclisme. Quatre-vingts cyclistes d’Europe de l’Est ont répondu à un questionnaire en ligne comportant des questions ouvertes et fermées, et 10 entretiens approfondis ont été menés. Les chercheurs voulaient comprendre comment les outils numériques étaient utilisés par leurs utilisateurs pour leur développement personnel, le maintien de leur santé et le renforcement de leur communauté, et pas seulement pour mesurer les performances sportives.

Les résultats sont décrits dans l’article « Mobile Health Cycling : How Eastern European amateur cycling enthousiastes frame their experience with Zwift and Strava », publié dans le Revue internationale de sociologie du sport.

Les outils numériques utilisés au quotidien

L’analyse a été menée par Mateusz Felczak, Ph.D., expert en études culturelles de la Faculté des sciences humaines de l’Université des sciences sociales et humaines de Varsovie, et Mirosław Filiciak, Ph.D., expert en médias, professeur à l’Université SWPS et directeur de l’Institut des sciences humaines de l’Université des sciences sociales et humaines. Il montre que les plateformes numériques et les médias sociaux, initialement destinés à permettre le suivi des performances, constituent une partie importante du monde du cyclisme : ils influencent les motivations, les activités et les perceptions des cyclistes à l’égard de l’activité physique.

Les chercheurs ont observé que les formes améliorées numériquement de cyclisme en salle et en plein air sont plus souvent associées à des activités quotidiennes courantes qu’à la participation à des courses ou à d’autres événements publics.

Les participants ont été interrogés, entre autres, sur leurs motivations à utiliser un home trainer. La motivation la plus fréquente pour choisir le cyclisme en salle était le désir d’acquérir ou de maintenir une forme physique (85 %). La deuxième motivation était des facteurs économiques. Le coût de l’entretien des équipements de plein air a été un sujet fréquent parmi les participants : même sans accidents graves, les vélos utilisés à l’extérieur dans des conditions météorologiques typiques d’Europe de l’Est nécessitent un entretien régulier et un remplacement périodique des pièces mécaniques, ce qui constitue une barrière importante à l’entrée dans ce sport. Près des trois quarts des personnes interrogées utilisent régulièrement des home trainers.

Les personnes interrogées ont souligné que l’utilisation de home trainers constitue pour eux une forme d’activité plus pratique, plus sûre et indépendante des conditions météorologiques. Ils ont également noté qu’il est plus facile de trouver du temps pour cela et que cela permet d’établir un plan d’entraînement plus précis. La pandémie de COVID-19 a été un facteur important dans l’implication de nombreuses personnes dans le cyclisme en salle.

Plus que de la concurrence

Pourquoi exactement les cyclistes utilisent-ils des applications comme Zwift et Strava ? Pour la plupart, les principales raisons sont le bien-être général et le maintien d’un niveau de forme physique souhaité, directement lié à leur vie sociale. Il s’avère également qu’il est très important pour les utilisateurs de s’inspirer des réalisations des autres. 67,5 % des personnes interrogées ont indiqué « être inspirées par le suivi des réalisations et des routines d’entraînement des autres », tandis que seulement 56,4 % ont choisi « le suivi des données d’entraînement personnelles en temps réel ».

Même si des applications comme Zwift offrent la possibilité de participer à des courses virtuelles, près de la moitié des personnes interrogées déclarent ne pas être intéressées par le visionnage de compétitions en ligne. Par ailleurs, 35,6 % des personnes interrogées ont déclaré ne pas être intéressées à participer à des concours en ligne sur les applications et plateformes numériques de cyclisme, et 22,2 % ne l’avaient jamais fait. Cela concorde avec les observations sur YouTube, où les téléspectateurs sont plus intéressés par le cyclisme lui-même que par le fait d’encourager les autres.

« Nos résultats montrent que les applications conçues comme des outils avancés de mesure des performances deviennent des plateformes permettant de construire des communautés, de s’inspirer mutuellement et de façonner une identité associée au cyclisme en tant que mode de vie qui donne la priorité à la santé mentale et aux aspects sociaux par rapport à la pure compétition », souligne Felczak.

Une étude montre que les applications de cyclisme deviennent des outils de bien-être, et pas seulement des trackers de compétition
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