Des chercheurs de l’Université de Liverpool ont découvert que rendre obligatoire l’étiquetage nutritionnel sur le devant des emballages pourrait réduire considérablement les taux d’obésité et sauver des milliers de vies à travers l’Angleterre.
Dans une étude publiée aujourd’hui dans The Lancet Santé régionale – Europela première estimation modélisée à ce jour montre comment l’étiquetage nutritionnel obligatoire pourrait avoir un impact sur la prévalence de l’obésité et la mortalité dans la population anglaise.
À l’aide d’un modèle de microsimulation, l’équipe a examiné les effets de l’introduction d’étiquettes obligatoires de feux de signalisation ou d’avertissements nutritionnels sur les aliments emballés sur une période de 20 ans (2024-2043). Les effets ont été calculés à partir des preuves actuelles sur l’impact des étiquettes sur (i) les choix alimentaires des consommateurs (par exemple, choisir des options plus saines) et (ii) la reformulation des produits alimentaires par l’industrie alimentaire (par exemple, rendre les produits plus sains pour éviter une étiquette négative). Le modèle a simulé les parcours de vie d’adultes âgés de 30 à 89 ans dans toute l’Angleterre selon ces scénarios politiques, en tenant compte de l’âge, du sexe et des niveaux de privation.
Par rapport à l’étiquetage volontaire actuel, on estime que rendre obligatoire l’étiquetage des feux de signalisation réduirait la prévalence de l’obésité de 2,34 points de pourcentage et préviendrait ou retarderait environ 57 000 décès liés à l’obésité. Cependant, la mise en œuvre d’étiquettes d’avertissement sur les nutriments – similaires à celles utilisées au Chili – devrait avoir un impact plus important, réduisant la prévalence de l’obésité de 4,44 points de pourcentage et prévenant ou retardant environ 110 000 décès.
Selon la recherche, ces avantages ont été observés de manière constante dans différents groupes socio-économiques, ce qui suggère que les deux types d’étiquetage constitueraient des interventions de santé publique équitables.
L’étude souligne que même si les étiquettes de feux de signalisation sont utilisées volontairement au Royaume-Uni depuis 2013, une approche obligatoire – et en particulier l’adoption d’étiquettes d’avertissement sur les nutriments – pourrait être bien plus efficace pour améliorer les résultats en matière de santé publique.
Le Dr Rebecca Evans, auteur correspondant de l’étude, a déclaré : « Nos résultats suggèrent que les étiquettes d’avertissement obligatoires sur les nutriments pourraient apporter des avantages substantiels pour la santé de la population, en réduisant à la fois les taux d’obésité et la mortalité associée. Ces résultats soutiennent les discussions actuelles du gouvernement sur les approches alternatives d’étiquetage et fournissent des preuves solides pour guider la future politique britannique d’étiquetage des aliments.
Le Dr Zoé Colombet, également auteur de l’étude, a ajouté : « Les étiquettes nutritionnelles sont un outil simple mais puissant. Les rendre obligatoires pourrait aider les gens à faire des choix alimentaires plus sains et encourager l’industrie alimentaire à repenser ce qui se trouve dans nos étagères, contribuant ainsi à prévenir des milliers de décès liés à l’obésité.
